Crocodile Jane-1ère partie

Publié le par danslecerveaudisabelle

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Le jeudi après-midi était consacré à la lecture silencieuse. Monsieur Lamblin, notre instituteur, nous emmenait à la bibliothèque qui était située au sein même de l'école, dans un bâtiment préfabriqué construit à côté de l'infirmerie. Nous pouvions choisir le livre que nous voulions parmi des centaines. Ce jeudi-là, j’avais choisi « Crocodile Jane ». Je ne me souviens plus pourquoi j'avais opté pour ce bouquin en particulier. La seule chose dont je me rappelle, c'est que je l'avais dévoré. Jusqu'au dernier mot de la dernière page. Quand je refermai la couverture cartonnée, un sentiment étrange se produisit en moi, une sensation extraordinaire. Ce fut comme si je n'étais plus dans cette bibliothèque mais dans un tout autre endroit. Je vécus comme une rupture spatio-temporelle et durant des semaines, Crocodile Jane hanta mon esprit. Je ne pensai qu'à elle, à son histoire. Elle fut le premier personnage de tous les héros que j'ai pu lire, qui provoqua en moi une telle sympathie. Trente ans plus tard, certains détails auront disparu de ma mémoire.

 

La légende de Crocodile Jane, dans mon esprit d'enfant, se situe il y a environ longtemps, très longtemps. Crocodile Jane vivait dans un pays très lointain, encore plus lointain que ça. Aujourd'hui, il me semblerait logique qu'elle se passa en Australie où la nature regorgeait d'arbres, de fleurs, de fruits, d'herbes immenses et les animaux abondaient. Crocodile Jane vivait le long d'une rivière. Elle se baignait dans l’eau tiède, errait sur les rives. Ses yeux étaient translucides et sa longue mâchoire découvrait des dents pointues, coupantes. Son corps était vif comme l'éclair. A la chasse, elle était redoutable car elle pouvait atteindre sa proie en un temps record. Personne ne l’entendait s’approcher. Ses pattes courtes et la couleur sombre de sa peau lui permettaient de se confondre avec son terrain. Plus personne n'osait s'aventurer dans les environs de l'habitat de Crocodile Jane. Si bien que la nourriture lui manquait fréquemment durant des mois. Elle n’hésitait pas, alors, à se rendre directement dans les foyers du village voisin pour se nourrir des proies les plus faciles. Les habitants du village située au coeur de la forêt luxuriante avaient une peur bleue de Crocodile Jane. Elle était leur cauchemar. Et pourtant, ces villageois n'étaient pas dépourvus d'ennemis dans cette forêt qui abritait notamment des serpents, des araignées, des oiseaux de toutes les couleurs, des koalas, des kangourous. Des battues avait été même organisées à une époque afin de capturer la reptilienne et de l’abattre pour être débarrasser une bonne fois pour toute, de cette tueuse insatiable. Mais parmi la vingtaine d'hommes réquisitionnée pour cette chasse, la moitié fut dévorée par l'objet de cette battue, cinq autres furent à jamais amputés d'au moins un membre, quant au reste des rescapés, ils furent traumatisés pour le reste de leurs jours.

 

Dans mon souvenir, les images de ce livre étaient très colorées. Je découvrais un monde aux antipodes de mes rues bétonnées. J'explorais toute cette faune sauvage qui me changeait des traditionnels chiens et chats. Et crocodile Jane m'apparaissait, féroce.

 

A suivre...

 

Isabelle B

Publié dans Nouvelle

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