Crocodile Jane-2ème partie

Publié le par danslecerveaudisabelle

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Je poursuivis ma lecture. Les villageois étaient donc contraints à vivre aux côtés d'une bête cruelle. Ils tinrent un débat au sujet de Crocodile Jane afin de trouver une solution à ce fléau. Une seule idée s'imposa à leur esprit : lui faire offrande, régulièrement, d'une nourriture sous forme d'un sacrifice afin de calmer sa faim et d'éviter qu'elle vienne jusqu'aux portes du village choisir elle-même sa pitance dont les nourrissons et les personnes fragiles avaient ses premières faveurs. Cependant, aucun volontaire ne se dévoua pour se rendre sur le territoire de l'ennemie afin de déposer l'objet du sacrifice. Mais ce que la populace ignorait, c'était qu'ils étaient à arrivés à cette situation à cause d'un seul homme.

 

La malédiction s'était abattue sur ce village auparavant si tranquille. Crocodile Jane n’avait pas toujours été Crocodile Jane. Avant d’être cette créature légendaire, Jane était une simple jeune fille. Sa famille était respectée. Son père, Jack, travaillait comme charpentier dans la scierie. Sa mère, Marylin était morte peu de temps après avoir mis au monde un garçon, Mickaël. Jane n'avait alors que six ans quand ce drame se produisit. Aussitôt après le décès, Jack posa sur les épaules de sa fille toutes les responsabilités domestiques du foyer. C'est ainsi que, dès son plus jeune âge, Jane apprit à cuisiner, à s'occuper de la maison et de son frère tous les jours, à longueur d'années. Mais elle ne s'en plaignit jamais. Elle trouvait cela naturel que de jouer à la petite maman. Tout se passait donc à merveille au sein de la petite famille.

 

Les années passèrent, paisiblement. Jane grandit et devint une adolescente. Une belle adolescente dans un corps élancé. Elle portait ses longs cheveux noirs en chignon, plus pratique pour les corvées, mais parfois aussi lâchés et ainsi, ils tombaient jusqu'à la cambrure de ses hanches. Les gars de son âge, et plus, la trouvait bien élégante. Ses yeux verts et son sourire en charmaient plus d'un. Chacun pouvait avoir droit à son amabilité. Et chacun savait où croiser Jane car, dès qu'elle en avait l'occasion, elle se promenait le long de la rivière. Et durant les heures les plus chaudes, elle ne résistait pas au plaisir de se baigner.

 

Jane adorait son petit frère à qui elle apprit très tôt à nager, et à grimper aux arbres. Elle lui enseigna le nom des animaux et des plantes qui les entouraient.

 

Un après-midi que Mickaël s'entraînait, à l'aide d'un lance-pierre, à chasser les oiseaux et les serpents, Jane se rendit, comme à son habitude, près de la rivière. Le soleil était brulant. Jane commença à défaire sa robe lorsqu'un bruit de feuillage se fit entendre. Jane se retourna mais ne constata rien d'anormal. Elle continua à se dévêtir, pensant qu'il ne s'agissait que d'un oiseau dans les buissons mais le bruit réapparut à nouveau, plus prononcé. Quelque chose ou quelqu'un semblait s'approcher. Jane en fut convaincue et tenta de se revêtir à la hâte. Mais le bruit se fit plus intense et s'approchait dangereusement. Jane décida de s'éloigner lorsque surgit de derrière les broussailles la gueule d'un crocodile. Son père lui avait appris qu'il ne fallait jamais fuir devant un crocodile. La course était perdue d'avance pour l'homme. Mais il ne lui enseigna pas ce qu'il lui fallait faire. Elle recula doucement, fébrilement. Le crocodile suivait la cadence de sa proie. Il s'avançait lentement, assurément. Jane regarda autour d'elle, implorant un quelconque secours. Mais les alentours n'offraient que oiseaux, marsupiaux et autres petits mammifères contemplant le spectacle. Le crocodile, quant à lui, fixait son futur repas, attentif au moment où il pourrait fondre sur sa proie. Jane était seule, gémissante, prête à être dévorée comme un vulgaire morceau de viande. Le reptile prit d'un seul coup son élan, ouvrit sa gueule de fauve affamé lorsque soudain, retentit un coup de feu. Jane hurla à pleins poumons, pensant que sa dernière heure était arrivée. L'animal retomba sur ses pattes et fit un demi-tour rapide. Sa queue battait la terre de droite à gauche. Le crocodile se mit en chasse de son chasseur invisible, camouflé dans la végétation. Il s'agitait en tous sens. Vagissait de douleur. Un deuxième coup de feu retentit. Le crocodile se cambra, et fuit en direction de la rivière. C'est alors qu'apparut de derrière les feuillages un homme armé. Il s'adressa à Jane en ôtant son chapeau.

« J'espère qu'il ne vous a pas trop effrayé ? »

Jane tomba dans les pommes.

 

A suivre...

 

Isabelle B

Publié dans Nouvelle

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