Des nouvelles de Candy

Publié le par danslecerveaudisabelle

 

Candy.gif

« Dis, elle a pas de nom de famille Blanche-Neige ? »

« Si, Neige. »

« Non, elle a un prénom composé : Blanche trait d'union Neige comme Marie-Jeanne ou Marie-Claude. Mais elle n'a pas de nom de famille. Pourtant, sa mère, elle est morte et elle est restée avec son père. Alors elle devrait avoir un nom de famille. »

« Mais son père était un roi. Les rois n'ont pas de nom de famille. Ils n'ont que des chiffres. A moins qu'elle s'appelle Blanche-Neige XVI. »

« Bien sûr que les rois ont un nom de famille. Moi, je dis que c'est typique du masochisme. Dans tous les contes, les filles n'ont pas de nom de famille. Regarde : Blanche-Neige, Cendrillon, Alice. Viens pas me dire que son nom c'est Au-Pays-Des-Merveilles ! Je pense qu'il y a une volonté de castration des auteurs envers les filles dans les contes afin qu'elles soient entièrement sous le joug de l'homme. Regarde : Blanche-Neige, elle naît. Son père ne la reconnaît pas. Il en a rien à foutre d'avoir une fille. Il l'enferme et elle n'a pas de nom de famille. Vas-y pour qu'elle trouve du boulot sans nom de famille ! Elle met quoi sur sa carte de visite ? »

« Les nains non plus n'ont pas de nom de famille ! »

« Les nains, on s'en fout ! Dans le conte, c'est une allégorie. Mais Blanche-Neige, que veux-tu qu'elle fasse dans la vie sans nom de famille ? Voilà, le masochisme, la phallocratie ! Elle est obligée de se trouver un mec pour exister, qui lui donnera un nom. Et le premier crétin qui l'embrassera, pendant qu'elle dort évidemment, je passe l'idée du viol sous-jacent, elle sera bien obligée de l'accepter comme époux. Idem pour Cendrillon. Masochisme et volonté de castrer les filles. Je ne connais qu'une seule fille qui, dans un conte, porte un nom de famille et s'en sort pas trop mal. »

« Qui ? »

« Candy-Neige André ! »

« Ah oui ! Je me souviens d'elle. Avec le prince des collines ! Qu'est-ce qu'elle est devenue ? »

«  Je n'ai plus de nouvelles depuis des années. A mon avis, elle frôle les quarante ans, elle habite un appart avec trois gosses, divorcée, elle fait régime sur régime et elle fume. Une vraie parisienne, quoi ! »

« Mais elle n'était pas japonnaise ? »

« T'es sûre ?  Maintenant que tu me le dis, c'est vrai qu'elle avait des yeux énormes ! Bon, ben alors, elle vit dans un appart, elle n'a qu'un gosse et elle attend toute la journée que son époux rentre sans dire un mot. Une vraie tokyoïte, quoi ! »  

 

Isabelle B

Publié dans conversation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article