Pourchassé par une araignée-2ème partie

Publié le par danslecerveaudisabelle

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Nous voici en quête d'une fourmi. C'est à ce moment qu'intervient la loi de l'emmerdement maximale, qui consiste à ne pas trouver quelque chose qui est toujours fourrée sous nos yeux quand on en n'a pas besoin et qui disparaît de l'endroit où d'habitude elle se trouve au moment où on en a un besoin urgent.

« D'habitude, il y a toujours des fourmis ici ! »

Je confirme :

« Je sais ! Elles sont toujours là mais aujourd'hui, y'en a pas ! »

« C'est incroyable quand même ! Attend, j'ai une idée. Je vais chercher un morceau de sucre. Tu verras, ça va les faire sortir. »

Romuald rentre chez lui et revient avec le morceau de sucre. Il le dépose à terre, à l'entrée du hall, l'endroit où se trouvent habituellement les fourmis. Nous attendons le miracle.

« Ca n'a pas l'air de marcher ton truc ! »

« Attends deux secondes ! Il faut le temps quand même ! T'es toujours pressée toi ! »

« Ben oui mais bon ! Pfff ! Et si jamais y'avait pas de fourmis aujourd'hui ? Ce n'est peut-être plus la saison ! »

« La saison des fourmis ! N'importe quoi ! Tiens regarde, en v'là une ! »

 

Effectivement, une fourmi fait son apparition. Puis, une deuxième, une troisième, suivies d'une kyrielle. Romuald en fait monter une sur son doigt, l'emmène vers la toile et l'y dépose.

« Voilà, on n'a qu'à attendre ! » Dit-il, excité par le massacre qui va suivre.

Je reste dubitative car les araignées, je n'aime pas ça. J'observe et j'attends.

« Regarde, je vois une patte qui sort, là ! » Remarque Romuald.

Je me crispe :

« Où ça ? Je ne vois rien ! »

« Mais si ! Là ! »

Romuald tend son doigt tout en gardant largement ses distances. Du coup, je ne vois toujours rien.

« Non, je ne vois pas ! »

« Oh ! T'es aveugle ou quoi ? »

« Mais non ! Je te dis que je ne vois rien ! Je ne vois rien ! »

Soudain, une gigantesque patte noire apparaît.

«  Ah si ! T'as raison, Elle est là ! Oh mon dieu ! Mais elle est énorme ! »

 

C'est une de ces belles grosses araignées noires, à la limite de l'araignée commune européenne et de la tarentule.

Romuald et moi bondissons d'un pas en arrière. L'araignée sort entièrement de sa cachette tandis que nous ne sommes plus très fiers de notre idée. L'araignée se dirige vers sa proie, l'enroule, la tue puis retourne chez elle. Nous sommes excités par le spectacle déjà fini.

« On en remet une ? » Propose Romuald.

« Ah ouais ! C'est trop cool ! »

 

Nous renouvelons l'aventure. Romuald capture une seconde fourmi, la dépose sur la toile. L'araignée fait à nouveau son apparition. Nous exprimons notre enthousiasme face au massacre de la fourmi. Puis, l'araignée retourne dans son abri.

« On recommence ! » Déclare Romuald.

« T'as raison ! On recommence ! »

 

Au total, cinq fourmis sont envoyées à la mort pour notre plus grand plaisir. Jusqu'à ce que cette tuerie finit par nous lasser.

 

Je propose alors une nouvelle idée :

« On essaye avec une mouche ? »

« Ouais ! »

 

Nous tentons donc l'expérience avec une mouche. Nous la déposons sur la toile. L'araignée sort aussitôt. Elle ne se pose même plus de questions. Elle devine que le dieu de la bouffe a décidé de ne s'occuper que d'elle aujourd'hui. Probable qu'elle en soit ravie mais qu'aussi ça l'épuise tous ces allers-retours.

 

Sur une échelle d'excitation de un à dix, le spectacle de la mouche a tout juste franchi le seuil de quatre. Nous découvrons que la mise à mort est le même processus qu'avec la fourmi sauf que la proie est plus grosse. Romuald et moi restons sur notre faim.

 

A suivre...

Isabelle B

Publié dans Nouvelle

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